Destins croisés Cette semaine chez UGC
Au programme des sorties du 21 septembre : un portrait de femme sensible et touchant, le film culte de James Cameron, un thriller féministe rageur, un hommage psychédélique à David Bowie, et bien d’autres films à découvrir !
Avatar Quand le cinéma crée des planètes
À l’occasion de la sortie du second volet de la saga Avatar le 14 décembre prochain, le film culte de James Cameron est de retour en salles dès ce mercredi 21 septembre. En hommage à la merveilleuse planète Pandora, on vous propose un classement de nos cinq planètes de cinéma préférées. 
Les Enfants des autres Rencontre avec Rebecca Zlotowski
Après avoir brillé dans Revoir Paris (cf. notre entretien), Virginie Efira illumine à nouveau la rentrée dans le nouveau film de Rebecca Zlotowski (Planetarium, Une fille facile), connue pour la richesse et la sensualité de ses héroïnes. L’occasion rêvée pour s’entretenir avec l’une des esthètes du cinéma d’auteur français.
Don't Worry Darling Une furieuse dystopie féministe
Porté par les stars Harry Styles et Florence Pugh, sous le feu des rumeurs les plus folles depuis sa présentation à Venise, le second film d’Olivia Wilde est aussi un thriller féministe et rageur aux nombreuses références.
Les Secrets de mon père L’horreur et la tendresse
Ce film d’animation sur les années qui ont succédé à la Shoah permet à sa réalisatrice Véra Belmont (Survivre avec les loups), âgée de 90 ans, de raconter une histoire dont elle se fait la sublime dépositaire.
Novembre Dans les coulisses de l’horreur
Le nouveau long-métrage de Cédric Jimenez, en salles le 5 octobre, réunit Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Anaïs Demoustier et Jérémie Renier dans une intrigue policière inspirée par les événements du 13 novembre.
David Cronenberg The Shrouds se dévoile
Après Les Crimes du Futur, qui marquait son retour après près d’une décennie d’absence, le réalisateur canadien dirigera deux grands noms du cinéma français dans The Shrouds.
The Bastard Un nouveau rôle pour Mads Mikkelsen
L’interprète de Gellert Grindelwald sera prochainement à l’affiche de ce film historique danois réalisé par Nikolaj Arcel (La Tour Sombre).
Couleurs de l'incendie Clovis Cornillac à la barre
L’acteur/réalisateur est aux commandes de cette nouvelle adaptation de l’œuvre du romancier Pierre Lemaître portée par Léa Drucker.
Knock at the Cabin Le maître du twist a encore frappé
Jonathan Groff (Matrix Resurrections) et Ben Aldridge (Fleabag) sont aux prises d’une inquiétante communauté dans le trailer du prochain film de M. Night Shyamalan.
Une belle course Line Renaud dans le rétro
Le réalisateur Christian Carion (Joyeux Noël) offre à Line Renaud le rôle de sa vie et sublime son amitié indéfectible avec Dany Boon, le tout dans un mélo qui sonde ces histoires intimes nichées dans les rues parisiennes.
Moonage Daydream Bowie sous toutes les coutures
Quand l’univers musical de David Bowie rencontre les possibilités du cinéma, cela donne un « rockumentaire » d’anthologie en forme d’hommage arty à l’un des plus grands artistes du XXe siècle.
Couleurs de l'incendie
Clovis Cornillac à la barre
L’acteur/réalisateur est aux commandes de cette nouvelle adaptation de l’œuvre du romancier Pierre Lemaître portée par Léa Drucker.
L’acteur/réalisateur est aux commandes de cette nouvelle adaptation de l’œuvre du romancier Pierre Lemaître portée par Léa Drucker.
Il y a 2 jours Coulisses
Novembre
Dans les coulisses de l’horreur
Le nouveau long-métrage de Cédric Jimenez, en salles le 5 octobre, réunit Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Anaïs Demoustier et Jérémie Renier dans une intrigue policière ...
Le nouveau long-métrage de Cédric Jimenez, en salles le 5 octobre, réunit Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Anaïs Demoustier et Jérémie Renier dans une intrigue policière ...
Il y a 2 jours Coulisses
The Bastard
Un nouveau rôle pour Mads Mikkelsen
L’interprète de Gellert Grindelwald sera prochainement à l’affiche de ce film historique danois réalisé par Nikolaj Arcel (La Tour Sombre).
L’interprète de Gellert Grindelwald sera prochainement à l’affiche de ce film historique danois réalisé par Nikolaj Arcel (La Tour Sombre).
Il y a 2 jours Coulisses
Les Secrets de mon père
L’horreur et la tendresse
Ce film d’animation sur les années qui ont succédé à la Shoah permet à sa réalisatrice Véra Belmont (Survivre avec les loups), âgée de 90 ans, de raconter une histoire dont...
Ce film d’animation sur les années qui ont succédé à la Shoah permet à sa réalisatrice Véra Belmont (Survivre avec les loups), âgée de 90 ans, de raconter une histoire dont...
Il y a 3 jours Cette semaine
Knock at the Cabin
Le maître du twist a encore frappé
Jonathan Groff (Matrix Resurrections) et Ben Aldridge (Fleabag) sont aux prises d’une inquiétante communauté dans le trailer du prochain film de M. Night Shyamalan.
Jonathan Groff (Matrix Resurrections) et Ben Aldridge (Fleabag) sont aux prises d’une inquiétante communauté dans le trailer du prochain film de M. Night Shyamalan.
Il y a 3 jours Coulisses
David Cronenberg
The Shrouds se dévoile
Après Les Crimes du Futur, qui marquait son retour après près d’une décennie d’absence, le réalisateur canadien dirigera deux grands noms du cinéma français dans The ...
Après Les Crimes du Futur, qui marquait son retour après près d’une décennie d’absence, le réalisateur canadien dirigera deux grands noms du cinéma français dans The ...
Il y a 3 jours Coulisses

Chronique d'une liaison passagère
Rencontre avec Emmanuel Mouret

Après Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (2020), Emmanuel Mouret s’entoure de Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne dans un superbe marivaudage moderne. L’occasion d’un entretien romantique avec l’héritier d’Éric Rohmer et de Woody Allen.

Après Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (2020), Emmanuel Mouret s’entoure de Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne dans un superbe marivaudage moderne. L’occasion d’un entretien romantique avec l’héritier d’Éric Rohmer et de Woody Allen.

Chronique d'une liaison passagère - Rencontre avec Emmanuel Mouret

Une mère célibataire (Sandrine Kiberlain) et un homme marié (Vincent Macaigne) deviennent amants. Engagés à ne se voir que pour le plaisir et à n’éprouver aucun sentiment amoureux, ils sont de plus en plus surpris par leur complicité…

QUEL EST LE POINT DE DÉPART DE CE FILM ?

Emmanuel Mouret : Il y a quelques années, j’ai animé un atelier d’écriture d’une semaine et j’y ai rencontré Pierre Giraud, qui y participait. Il avait écrit 2 scènes que je trouvais très bien, nous avons gardé contact et je l’ai encouragé à poursuivre sur un format plus long. Lorsqu’il m’a envoyé une ébauche de scénario, j’ai tellement aimé que je lui ai proposé de l’adapter à ma façon. Ce qui m’a plu, c’est la situation de départ : à savoir ce contrat entre deux amants qui consiste à « s’engager à ne pas s’engager ». Il y avait comme un suspense où, ici, la bombe posée sous la table est celle de l’amour !

LA STRUCTURE DU FILM EST PARTICULIÈRE PUISQUE VOUS N’Y FILMEZ QUE LES RENDEZ-VOUS IRRÉGULIERS ENTRE LES DEUX AMANTS…

J’avais aussi envie de n’être là que lorsqu’ils se voient, d’où le titre du film qui se rapporte à la chronique. Tout le reste est alors ellipsé, or j’aimais cette position puisque le spectateur se fait détective : il tente de percer ce qui a pu se loger entre deux rendez-vous, ce qui fait que certains sont plus espacés que d’autres…

LES DIALOGUES SONT TRÈS SOPHISTIQUÉS CHEZ VOUS. COMMENT ENVISAGEZ-VOUS LEUR ÉCRITURE ?

Les personnages le disent eux-mêmes : ils prennent autant de plaisir à parler qu’à faire l’amour ! C’est ce qui m’a séduit dans ce projet, et c’est ce qui a conduit à cette écriture volubile où ils tournent parfois autour d’un sujet… Pour moi, il n’y a rien de si sophistiqué dans ce qu’ils disent ; la sophistication vient de la mise en scène, car j’ai fait en sorte que le film soit en mouvement permanent. Mais c’est vrai que j’aime les films très bavards, qui mettent en avant un plaisir de la conversation.

VOUS TENEZ CE GOÛT DE VOTRE CINÉPHILIE ?

Je pense que cela vient beaucoup du cinéma, oui, et surtout du cinéma américain. Si vous regardez les comédies américaines des années 1930 et 1940, on y parlait beaucoup et beaucoup plus vite qu’aujourd’hui ! J’ai l’impression que lorsque le cinéma est devenu parlant [en 1928, ndlr], il est devenu très parlant tout de suite. Pour moi, la parole est très cinématographique : c’est ce qui nous donne envie d’approcher le visage des comédiens, d’essayer de démêler le vrai du faux à partir de leur regard. Cela a la mérite de rendre le spectateur très actif.

COMME SI LE LANGAGE DU CINÉMA PERMETTAIT DE PERCER LE MYSTÈRE DES MOTS…

Nous sommes des individus sociaux, doués de langage ; cela implique donc beaucoup de stratégies via la parole, notamment dans ce qui touche au désir et aux sentiments. On emploie des tactiques, des stratégies pour séduire ou questionner l’autre. Pour moi, c’est véritablement le lieu où s’expriment nos désirs. Je sais que dans certains films, il suffit d’un regard muet pour que deux individus tombent amoureux et se retrouvent dans une chambre… mais cela me semble exceptionnel ! De mon côté, les choses sont beaucoup plus difficiles. Or c’est cet aspect qui les rend à la fois drôles, intéressantes et émouvantes.

VOS FILMS ONT UN VRAI TEMPO MUSICAL ; LES ENVISAGEZ-VOUS COMME DES PARTITIONS ?

Avec le temps, j’ai l’impression que le tempo d’un film est vraiment tenu par les voix et la musique. C’est ce qui arrive chez Woody Allen, où les acteurs parlent sans interruption sur de la musique jazz… J’aurais même tendance à dire que je crois à la prévalence du son sur l’image. Cet aspect dansant, il est sans doute lié à cette apparente légèreté que je cultive ; j’essaye de ne pas faire de pauses, ou de poses, de ne pas alourdir les choses.

QU’EST-CE QUI VOUS PRÉOCCUPE LE PLUS SUR UN TOURNAGE ?

Moins les comédiens que la mise en scène ; j’essaye au maximum de faire bouger mes personnages, de les faire interagir avec le décor. Il s’agit de créer de la circulation, du mouvement et donc du plaisir pour les yeux, sans rester cantonné à des gros plans sur les visages. Au contraire : il faut presque qu’ils nous échappent ! Il ne faut pas rassasier le spectateur mais piquer sa curiosité ; l’idée, c’est qu’il « tende l’œil » pour confronter ce que disent les personnages à ce qu’expriment les visages.

SUR LA FORME, VOUS DÉCOUPEZ PAR EXEMPLE RELATIVEMENT PEU VOS FILMS…

C’est vrai que je fais beaucoup de plans séquences très précis, où les comédiens ont une dizaine de positions à retenir ! Tout est très chorégraphiés, donc ils ne sont pas laissés libres. Il n’y a pas véritablement d’improvisation.

VOUS INTERPRÉTEZ SOUVENT VOUS-MÊME LES RÔLES D’HOMME MALADROIT DANS VOS FILMS. QU’EST-CE QUI VOUS A POUSSÉ À OFFRIR CELUI-CI À VINCENT MACAIGNE ?

Il faut préciser que je n’ai jamais moi-même choisi de jouer dans mes films ; c’est toujours mon producteur [Frédéric Niedermayer, avec qui il collabore depuis 20 ans, ndlr], que je considère véritablement comme mon coauteur, qui me le proposait. Or ici il y avait énormément de texte à apprendre et je n’aurais pas pu composer de plans aussi élaborés si j’avais fait l’acteur. J’ai pris beaucoup plus de plaisir à travailler avec Vincent [Macaigne], que j’ai rencontré au départ sur une lecture de ce même scénario. Je l’ai d’abord trouvé un peu jeune pour le rôle, et puis le projet s’est enlisé car je ne trouvais pas l’acteur. J’ai alors tourné Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (2020), dans lequel Vincent joue également, et ce fut une vraie révélation !

LE COUPLE FORMÉ PAR SANDRINE KIBERLAIN ET VINCENT MACAIGNE N’A RIEN D’ÉVIDENT, POURTANT…

S’ils sont très différents en termes de personnalité, ils ont en commun le fait d’être à la fois drôles et touchants. Ils illustrent en fait les contrastes du film, qui passe facilement de la légèreté à la mélancolie ; je trouve qu’on sent entre eux une vraie complicité, et on les aime aussi car ils portent une fantaisie. Deux fantaisistes ensemble, c’est beau !

VOTRE CINÉMA INVERSE ROYALEMENT LES STÉRÉOTYPES DE GENRE ; LES FEMMES SONT ENTREPRENANTES ET LES HOMMES TRÈS INHIBÉS. QU’EST-CE QUI VOUS AMUSE LÀ-DEDANS ?

On le retrouve chez beaucoup de cinéastes, mais disons que j’ai plus de facilités à écrire des personnages masculins inhibés car je suis assez pudique et réservé dans la vie… Mais lorsque j’écris un personnage féminin, tout d’un coup une pudeur se lève : il y a comme une aisance, une impulsion que je ne m’explique pas. Je ne cherche pas à « exprimer » quelque chose par ce biais, non ; cela me colle à la peau. Au fond, je pense avoir toujours ressenti que ce sont les femmes qui mènent la barque, qui ont un esprit plus vif et qui sont plus habiles dans la vie.

Visuels de couverture & illustration : Vincent Macaigne, Sandrine Kiberlain – Chronique d’une liaison passagère | Copyright Pyramide Distribution / New York, NY Director Emmanuel Mouret attends Opening Night of Rendez-Vous with French Cinema at Walter 

Chronique d'une liaison passagère
En salles le
14 septembre 2022